Mahamadou BALDE : « La GIRE constitue un défi majeur pour l’équilibre de la biodiversité et l’atteinte des ODD »

Personne ne peut prédire que la guerre de l’eau n’aura pas lieu. Mais, certains spécialistes ne croient pas à l’augmentation de la probabilité des conflits liés à cette ressource en dépit de sa rareté et de la multiplication des besoins dans le monde.

L’eau est plus source de coopération que de conflits. C’est la conviction du chercheur Luc Descroix de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).
Il faisait une communication sur le thème : « Eau ressource : eau source de coopération et de conflits ? » C’était le 31 octobre, à l’occasion d’une conférence organisée par l’Observatoire des valeurs et éthiques des organisations, à la Place du Souvenir. « L’eau est, pour moi, plus une source de coopération que de conflits. Malgré les tensions diplomatiques entre le Sénégal et la Mauritanie, les hydrologues avaient continué à collaborer », a fait savoir Luc Descroix.

Par la suite, il a écarté les probabilités que la rareté de cette ressource exacerbe les tensions dans des régions du monde. Pour le chercheur, beaucoup de régions de la planète comme le Sahel ont encore une quantité d’eau par habitant acceptable. « La notion de stress hydrique est relative. Dans le Sahel, nous avons encore de l’eau, si nous faisons une comparaison par rapport aux besoins. En Europe, les besoins sont plus importants à cause de l’usage dans l’agriculture », a argumenté M. Descroix.

Les aménagements hydro-agricoles et hydro-électriques sont souvent à l’origine des crises entre les pays et entre les usagers. C’est pour cela que le président du Partenariat national de l’eau du Sénégal (Pnes), Antoine Dioguel Thiaw, a recommandé l’instauration d’une bonne gouvernance de la ressource. « La Gire n’est pas seulement des principes. C’est aussi un comportement par rapport à cette ressource épuisable. Si les bénéfices ne sont pas bien répartis et les différents usages pas pris en considération, cela peut conduire à des problèmes », a relevé Antoine Dioguel Thiaw au cours de cette conférence qui avait pour thème : « Gestion intégrée des ressources en eau (Gire) : accès durable à l’eau, conflits et perspectives ».

Dans son intervention, Dr Boubacar Cissé, de la Direction de la gestion et de la planification de la ressource en eau, a présenté les instruments qui concourent à la prise en compte des principes Gire au Sénégal. Il s’agit, entre autres, du Plan national de gestion intégrée des ressources en eau élaboré en 2002 et de la mise en place des espaces concertés de gestion des ressources en eau.
Du reste, la préservation de ces ressources cadre avec la ligne de conduite de l’Ovseo, une association qui veille sur la responsabilité sociale et environnementale des organisations. « La gestion intégrée des ressources en eau constitue, aujourd’hui, un défi majeur à relever, autant pour l’équilibre de la biodiversité que pour l’atteinte des Odd. Les enjeux socio-économiques et écologiques sont considérables pour un accès aux besoins primaires de l’être humain », a noté le président de l’Ovseo, Mahamadou Baldé.

Idrissa SANE (Le Soleil)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *