Bassirou Ndiaye s’indigne de la pollution de la Baie de Hann

« Les rejets des industries installées sur la Baie et aux alentours constituent la première source de pollution des eaux de la baie (rejets de déchets liquides sans traitement, génération des sous-produits de fabrication, et de  déchets solides, rejets atmosphériques et des nuisances sonores et pollutions olfactives) », avait-il dit. Bassirou Ndiaye, environnementaliste, président de l’Association alerte et action, et ancien coordonnateur du projet Sen Environnement a fait cette révélation à l’occasion de la cérémonie de lancement officiel des activités de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations à Dakar sur le thème « Quelle perspective sénégalaise de la responsabilité sociétale des entreprises (Rse) à l’heure des Objectifs du développement durable (Odd) ? » et présidés par Ramatoulaye Dieng Ndiaye, secrétaire générale du ministère de l’environnement et du développement durable.

Présentant le panel 3 sur RSE et Baie de Hann, Dr Ndiaye affirmé que sa présentation a permis « d’identifier et de visualiser les différentes sources de pollution de la Baie, d’analyser leur nature, de situer les acteurs responsables avant de dégager des propositions  de contenu RSE en adéquation avec les préoccupations des populations riveraines », a-t-il lancé lors de la cérémonie qui a eu lieu au siège d’Open society initiative for West Africa  (Osiwa). Il apparait clairement que les rejets des industries installées sur la Baie et aux alentours constituent la première source de pollution des eaux de la baie. A l’en croire, les plus importants proviennent du Port autonome de Dakar (Pad) avec une dizaine d’émissaires enregistrés qui rejettent sans traitement directement dans la mer. Une autre source de pollution est le largage clandestin des hydrocarbures, et des eaux de lavage.  Ils s’y ajoutent les risques industriels élevés (incendies, accidents de transport de matières dangereuses, fuites d’ammoniac, etc.). Le canal 6, reçoit entre 50 000 et 70 000 mètres cube d’eaux usées par jour, a atteint un niveau de pollution record. « L’habitant de la baie porte dans son organisme en moyenne deux à trois infections différentes attrapées directement par baignade : dermatoses, conjonctivite, maux de ventres, salmonelloses, fièvres paratyphoïdes, diarrhées, du fait de la présence de polluants comme les matières organiques, les métaux lourds et les micro-organismes pathogènes : coliformes, salmonelles, virus etc.  Certaines infections découlent de conséquences indirectes  (consommation de produits halieutiques) », se désole-t-il. Pour le président de l’Association alerte et action, « le ministère de la santé est totalement absent, et aucune industrie ne participe jusqu’ici dans le relèvement du plateau technique des centres de santé de la Zone, encore moins  à l’assistance sociale et sanitaire des populations infectées », constate M. Ndiaye avec désolation.

Se prononçant sur le contenu de la RSE des entreprises installées sur la baie de Hann, l’environnementaliste avoue qu’« elles n’ont qu’à démarrer par investir dans des équipements de prétraitement de leurs propres eaux usées. C’est par là, espère –t-il, qu’elles doivent commencer leurs démarches RSE pour stopper nette la pollution de la baie. Ensuite, qu’elles contribuent à la prise en charge des malades identifiés, chaque industrie en fonction de la dangerosité et de la typologie de ses rejets. Elles doivent également contribuer dans l’assainissement de concert avec la mairie et les OCB, parce que c’est une des préoccupations majeures des habitants du quartier des pécheurs de la Baie ». Il appelle par la même occasion à la responsabilité de l’Etat du Sénégal qui est également engagée à plus d’un titre. « L’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) qui doit s’occuper de l’assainissement pollue également lors de ses interventions. Aussi, le plus grand projet de dépollution de la Baie que l’Onas est chargé de dérouler en partenariat avec la direction de l’environnement souffre déjà de manquements comme l’absence d’études d’impact crédibles », conclut l’ancien coordonnateur du projet Sen Environnement.

Moctar FICOU / VivAfrik

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