Mahamadou BALDE dénonce l’amalgame RSE / Mécénat

Le président de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) s’est adonné à un exercice de présentation du nouvel outil qui est au service exclusif des populations lors de son lancement officiel sous le parrainage du ministère en charge de l’Environnement et du développement durable et présidée par Mme Ramatoulaye Dieng Ndiaye, secrétaire générale dudit ministère.

Au cours de cette conférence de lancement avec pour thème « Quelle perspective sénégalaise de la RSE à l’heure des Objectifs du développement durable (Odd) ? », Mahamadou Baldé a décliné les ambitions de l’Ovseo en déplorant la pratique de la RSE au Sénégal, tout en insistant sur l’importance de la transition énergétique.

Le président de l’Ovseo, Mahamadou BALDE a présenté cet observatoire comme un outil de veille stratégique et proactif sur les questions liées au développement durable au sens large lors du lancement officiel de ses activités au siège d’Osiwa « Open society initiative for West Africa ». Parlant de ses membres, M. BALDE a indiqué que l’observatoire a été mis sur pied par un pool d’experts et de consultants en développement durable et Environnement, en RSE et des disciplines connexes telles que les énergies renouvelables, la Qualité, l’hygiène, la sécurité et l’environnement (Qhse). Ajoutant qu’à l’issue de leur assemblée générale constitutive, les cofondateurs de l’observatoire visent « non seulement à rendre effective les bonnes pratiques en matière de responsabilité sociétale et du développement durable prenant en compte le contexte local auprès des entreprises, mais également auprès des organisations telles que les collectivités locales, les ONG, les agences de l’Etat». Il ressort donc de sa présentation que l’Ovseo en tant qu’organisation, ambitionne de sortir des chantiers battus en ayant d’abord un statut juridique d’association à but non lucratif, ce qui lui permettra, selon ses dires, d’être « assez impartiale, équidistante et indépendante pour jouer son rôle de veille stratégique proactive, et d’alerte ». C’est aussi une organisation suffisamment experte pour éclairer et fonder les prises de décision des entreprises et organisations sur des bases scientifiques. L’Ovseo est également une structure ouverte pour promouvoir un dialogue inclusif multi acteurs.

Analysant la pratique de la RSE au Sénégal, Mahamadou BALDE a fustigé l’écart entre la pratique courante des entreprises et les « best practices», les normes internationales admises en la matière, et l’absence de dialogue entre les parties prenantes. Il a également dénoncé l’amalgame manifeste fait entre RSE et mécénat, entre RSE et sponsoring, et toutes ces pratiques qui n’intègrent pas les considérations relatives au développement durable.

 Pour inverser la tendance, et matérialiser les engagements pris par notre pays à travers la signature de conventions et traités internationaux à l’instar de la lutte contre les changements climatiques, M. BALDE argue qu’ « il va falloir nécessairement créer des mécanismes d’incitation suffisamment attractifs pour que les organisations enclenchent de vraies démarches RSE ». A son avis, la création d’incitation comme un « fond d’investissement socialement responsable » qui permettrait aux organisations de se refinancer à moindre coût serait une innovation majeure. Dans la même veine, cela encouragerait les firmes à adopter des Mécanismes de développement propre (Mdp), pour celles qui, dans leur processus de production peuvent réutiliser certaines de leurs propres rejections comme sources de productions d’énergies par exemple. Le développement de la finance carbone dans nos marchés, pourrait être aussi un excellent facteur d’incitation vers la responsabilité sociétale, avec quelques aménagements du prix à la tonne. Pour le président de l’Ovseo, un tel mécanisme est fondamental pour permettre aux organisations de compenser le coût de renonciation en s’engageant à adopter un mode de production et/ou de fonctionnement responsable.

 Le président de l’Ovseo a enfin insisté sur l’importance de la transition énergétique, avec un mix favorisant les énergies renouvelables. Toutefois, il attire l’attention sur le fait que même si, on choisit de développer les énergies renouvelables, il est important de veiller sur l’origine des matériaux, car « il ne servirait à rien de faire propre ici, tout en dégradant ailleurs ». Il faut également veiller sur le cycle de vie des matériaux, car « il ne servirait à rien de trouver une solution aujourd’hui qui se révélera être une véritable catastrophe demain »,… parce qu’il s’agit de la même, et unique planète terre.

Moctar FICOU / VivAfrik

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