Pr Abdoulaye Sène : « Le fonds vert ne développera pas… »

La question liée au dérèglement climatique est une question très controversée. Il peut y avoir deux types d’approches : selon qu’on voit le climat comme une menace ou selon qu’on voit le climat comme une aménité et que l’homme a évolué entre ce double paradoxe climatique. C’est ce qu’a laissé entendre en substance le professeur Abdoulaye Sène, président du conseil d’administration et membre du parti au pouvoir l’Alliance pour la République (Apr). M. Sène prenait part à la 4ème édition des trimestriels de l’Observatoire des valeurs sociétales et éthiques des organisations (Ovseo) sous le thème : « Le paradoxe des politiques d’émergence à l’heure des changements climatiques » le jeudi 8 juin à Osiwa en marge de la Journée mondiale de l’environnement, un moment choisi par l’universitaire de confirmer que « ce n’est pas le fonds vert pour le climat qui développera l’Afrique ».

Si l’on se fie à l’universitaire, la question climatique n’est pas une question nouvelle pour l’Afrique. Le continent noir a traversé une longue période de désertification et de sécheresse. Ainsi, notre continent été présenté sous les images les plus faméliques, les plus désastreuses. Suffisant pour le président du conseil d’administration de se souvenir de cette anecdote. « Quand nous étions jeunes étudiants en France, on se posait la question de savoir ce que nous allons devenir après la catastrophe de toute la période esclavagiste et des périodes de colonisation. Nous avons perdus beaucoup de choses en tant qu’africains. Quand j’étais au Mali en 1986, je n’en revenais pas. Le contraste entre les images que nous recevions à la télévision européenne et ce que nous avons vécus sur le terrain en tant que pays sahéliens et les opportunités, les possibilités que la Mali avait. L’autre aspect, c’est en Guinée, où j’ai marché dans les rues de Kindja sur des mangues. Comme nous l’avons vu aussi ces deux dernières années et cette année précisément à Guet-Ndar, à Saint Louis, des pêcheurs déverser leurs captures dans le fleuve », s’est souvenu avec indignation le Pr Sène qui estime que l’Afrique des années 80-90 était présentait comme étant un continent sous peuplé et sous pollué. Pour l’apériste, nous avons vécu sous des politiques qu’on appelle aujourd’hui « l’aide publique au développement et que ce n’est pas cette aide qui développera l’Afrique. Comme également, même si nous luttons pour une Afrique verte, ce n’est pas le fonds vert pour le climat qui développera l’Afrique. A ces aspects, il faut ajouter les faiblesses et les vulnérabilités climatiques dont on dirait que l’Afrique est le ventre mou. Avec les changements climatiques, on va être le premier espace à être impacté, en particulier l’Afrique de l’Ouest ». Voilà des situations que vit notre chère Afrique auxquelles Abdoulaye Sène invite à être très critique. « Nous avons des capacités de résilience qu’on ne retrouve pas ailleurs et ça, c’est due notamment à notre humanité et à nos valeurs », conclut-il.

Moctar FICOU / VivAfrik

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